Intervention de Jean-Pierre Baillé sur le projet LGV lors du vote du BS 2010
le vendredi 25 juin 2010, 16:04 - Assemblée plénière - Lien permanent -
Monsieur le Président, Chers Collègues.
Vous nous demandez, Monsieur le Président, de valider la participation du département au projet L.G.V.
Au nom de nos collègues du groupe Gironde Avenir, et en qualité d’élu local dont la collectivité est très impactée par ce projet, voici notre position sur ce sujet.
Comment les élus locaux peuvent-ils ne pas entendre la colère de celui qui voit son airial saccagé par la L.G.V. ?
Comment ne pas comprendre, lorsque l’on a plus de 50 permis de chasse à son actif, la révolte de celui qui voit sa palombière, objet de sa passion, détruite par la L.G.V. ?
Comment, lorsque l’on a choisi de vivre en Sud Gironde, comme c’est mon cas, pour la qualité de vie, de l’environnement, de la quiétude, ne pas s’effrayer du vacarme de la L.G.V. ?
Comment ignorer que nos communes, notre forêt, nos paysages ont déjà été affreusement balafrés par l’autoroute et le gaz ?
Demander à un élu local de valider le soutien financier à la cause de tous ces maux, c’est Monsieur le Président, lui demander en quelque sorte de se tirer une balle dans le pied.
D’autant plus que le maître d’ouvrage R.F.F. ? pour le choix du tracé, s’est livré en matière de concertation à un exercice de style. Pour avoir participé à toutes les réunions, je dois témoigner de ce simulacre. Nous avons la conviction, tous les élus, que le tracé était décidé depuis le début.
Et pourtant, notre devoir nous commande d’aller au-delà de ces constats. Il est, me semble-t-il, trois impératifs.
- Le premier : n’est-il pas d’apprécier la notion d’intérêt général ? l’intérêt de la métropole Bordelaise, de la région, du pays et enfin de l’Europe nous invitant à cette réflexion.
- Le deuxième : avoir le courage de prendre une décision qui génère des inconvénients immédiats et par la même des mécontentements pour n’en retirer les bénéfices que plus tard.
- Le troisième : participer au financement implique en retour la possibilité de veiller aux compensations, aux aménagements, à tout ce qui peut atténuer les effets négatifs de cette nouvelle infrastructure.
C’est d’ailleurs, Monsieur le Président, ce que vous avez commencé à faire en signant le 12 avril, le protocole dont les points sont détaillés dans le texte qui nous est soumis.
Considérant les points suivants, qui nous semblent autant de conséquences positives :
1 – Impacts sur l’aménagement du territoire et la position confortée de la métropole Bordelaise.
2 – Les retombées économiques et l’attractivité résidentielle générée par les adaptations des transports avec par exemple la halte S.R.G.V. de Captieux.
3 – Des retombées sociales et économiques de ce très grand chantier (et en particulier l’emploi).
4 – Les réserves qui conditionnent notre participation financière à ce projet et qui la sécurisent.
Nous soutiendrons la proposition.
J’ajoute que cette participation positionnera le Conseil Général comme un acteur de premier plan dans cette réalisation, lui donnera autorité et légitimité pour accompagner les collectivités locales dans les négociations inévitables qu’elles auront à mener avec le maître d’ouvrage.
Monsieur le Président, notre soutien sur ce sujet est aussi la manifestation de la confiance que nous avons dans votre capacité à peser sur les interlocuteurs, pour que les très difficiles inconvénients présents n’obèrent pas les conséquences positives de demain.
Je voudrais conclure par cette affirmation qui dément certains propos entendus ici ou là et qui concernent la prétendue incapacité d’élus locaux en général et de conseillers généraux en particulier, d’avoir une vision globale de l’intérêt général … sur ce sujet nous avons dépassé … la salle des fêtes communale.
Je vous remercie de votre attention.
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Commentaires
A des arguments environnementaux factuels vous opposez des arguments socio économiques illusoires, pour en définitif, justifier face à une population en colère l'injustifiable, le saccage inutile de votre région, et le gaspillage de notre argent public.
En effet une étude sous la direction du maître de conférence Marie Delaplace de l'université de Reims démontre chiffres à l'appui que l'arrivée du TGV sur un territoire ne génère aucun développement économique et touristique probant. Au contraire, la grande vitesse induit des effets d'aspiration négatifs sur les territoires traversées ( effet d'aspiration économique vers la grande métropole parisienne, effet tunnel).
On pourrait donc parler d'un effet pigeon LGV.
Désastreux d'autant que la vache à lait de ce lobby ruineux est le contribuable, et que le contribuable a d'autres soucis aujourd'hui que de permettre à quelqu'un de pouvoir gagner du temps dans ces voyages d'affaires.
J'espère que les électeurs seront un jour reconnaissant de votre irresponsabilité politique.